Le tribunal administratif de Toulouse a suspendu, ce vendredi 8 mai, l’arrêté municipal qui interdisait la tenue d’un événement de solidarité avec le Sahara Occidental. Pour les organisateurs, il s’agit d’une victoire politique majeure contre ce qu’ils dénoncent comme une « politique de censure » de la part de la municipalité.
Nouveau revers judiciaire pour l’équipe de Jean-Luc Moudenc. Saisi en urgence, le tribunal administratif a tranché en faveur des organisations anticoloniales toulousaines, autorisant ainsi la tenue de leur projection-débat initialement menacée d’annulation.
Une « atteinte grave aux libertés »
La mairie avait tenté de réquisitionner la salle prévue pour l’événement moins de quatre jours avant la date fixée, sans proposer de relogement. Pour justifier cette décision, la municipalité invoquait des risques de « troubles graves à l’ordre public », s’appuyant notamment sur des courriers d’organisations pro-marocaines opposées à la manifestation.
Un argumentaire jugé « général et peu circonstancié » par le tribunal. Dans son ordonnance, la justice a estimé que la décision de la mairie constituait une « atteinte grave et manifestement illégale aux libertés d’expression et de réunion ».
Un climat de tension récurrent
Ce bras de fer s’inscrit dans un contexte de relations très dégradées entre la mairie de Toulouse et les mouvements de solidarité internationale. Les organisateurs dénoncent un acharnement systématique, rappelant l’épisode de novembre 2024 où un élu municipal avait tenté d’intervenir lors d’un meeting similaire, ou encore les récentes interdictions visant des rassemblements pro-palestiniens et une exposition de Médecins Sans Frontières sur Gaza.
Mobilisation maintenue ce samedi
Forts de cette décision de justice, les collectifs appellent à une mobilisation massive ce samedi 9 mai pour défendre le droit à l’autodétermination du peuple sahraoui. Le programme est maintenu : une manifestation partira de la gare Matabiau à 16h, suivie de la projection-débat désormais autorisée à la salle Osète dès 17h30.
Source : Révolution permanente