Retour des tensions dans le détroit d’Ormuz : le Maghreb face à un nouveau choc pétrolier

Pour le Maroc et la Tunisie, cette escalade ravive les plaies du premier choc pétrolier survenu au printemps dernier. Le Maroc, qui importe près de 94 % de ses besoins en énergie, fait face à une facture pétrolière alourdie qui menace de peser sur sa balance commerciale et sur le coût de la vie des ménages. (Photo : Afrik.com)

Alors que le spectre d’une guerre prolongée entre Washington et Téhéran refait surface, la hausse rapide des cours du brut fragilise les économies maghrébines. Si l’Algérie tire son épingle du jeu, le Maroc et la Tunisie se retrouvent sous une pression budgétaire accrue, selon des informations publiées par Afrik.com.

Le répit aura été de courte durée. Moins d’un mois après la signature de l’accord de Versailles, censé apaiser les tensions, les hostilités ont repris de plus belle entre les États-Unis et l’Iran. Depuis le 9 juillet, les échanges de frappes et le rétablissement du blocus naval américain dans le détroit d’Ormuz ont fait bondir les cours du pétrole, qui se rapprochent désormais du seuil des 90 dollars le baril.

L’Algérie, une résilience financière renforcée

Pour l’Algérie, cet embrasement représente une conjoncture économique favorable. En tant qu’exportatrice majeure d’hydrocarbures, le pays voit ses recettes budgétaires et ses réserves de change progresser mécaniquement. Par ailleurs, son gaz naturel devient une alternative stratégique pour les marchés européens, désireux de s’affranchir des flux provenant du Golfe, actuellement entravés par l’insécurité maritime. À l’échelle nationale, la population reste largement épargnée par la volatilité des marchés grâce à un système de subventions étatiques massif, maintenant le prix du carburant à un niveau parmi les plus bas au monde.

Maroc et Tunisie : la crainte du déficit

À l’inverse, pour le Maroc et la Tunisie, cette escalade ravive les plaies du premier choc pétrolier survenu au printemps dernier. Le Maroc, qui importe près de 94 % de ses besoins en énergie, fait face à une facture pétrolière alourdie qui menace de peser sur sa balance commerciale et sur le coût de la vie des ménages.

La situation s’avère encore plus périlleuse pour la Tunisie. Selon les données rapportées par Afrik.com, la loi de finances 2026 avait été établie sur une base prudente de 63,3 dollars le baril. Avec une hausse actuelle dépassant les 25 dollars par rapport à ces prévisions, chaque dollar supplémentaire représente une charge de 160 millions de dinars pour le Trésor public. Tunis se trouve ainsi face à un dilemme cornélien : augmenter les prix à la pompe au risque de provoquer une crise sociale, ou creuser davantage un déficit budgétaire déjà sous étroite surveillance internationale.

Un second semestre sous haute tension

Alors que les États-Unis se prépareraient, selon des sources relayées par Afrik.com, à un affrontement de grande ampleur, les perspectives pour le second semestre 2026 restent sombres. Outre le prix du pétrole, l’envolée des coûts du fret et des assurances maritimes risque de peser durablement sur l’ensemble de la région.

Après un premier semestre éprouvant, le Maghreb aborde cette nouvelle phase du conflit avec des marges de manœuvre budgétaires considérablement réduites. Si Alger peut espérer capitaliser sur cette crise, ses deux voisins, le Maroc et la Tunisie, entrent dans une période de forte incertitude économique et sociale.

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