À partir du 16 septembre, l’ancienne ministre de la Culture comparaitra devant le tribunal judiciaire de Paris pour des faits de corruption et de trafic d’influence. Un procès crucial de douze jours qui pourrait sceller son avenir politique et professionnel.
C’est un rendez-vous judiciaire particulièrement attendu. Du 16 au 28 septembre, la plus grande salle du Palais de justice de Paris accueillera le procès de Rachida Dati, pour lequel plus de 50 journalistes se sont déjà faits accréditer. Après avoir usé de pas moins de 45 recours au cours des dernières années, l’actuelle maire du VIIᵉ arrondissement de Paris doit enfin venir s’expliquer sur les 900 000 euros d’honoraires perçus entre 2010 et 2012.
Ces fonds, versés par l’ancien patron de l’alliance Renault-Nissan, Carlos Ghosn, rémunéraient une mission de conseil international au Maghreb, en Turquie et en Iran. Une prestation aujourd’hui qualifiée d’emploi fictif par le Parquet national financier (PNF) ainsi que par le constructeur automobile lui-même.
Une défense offensive malgré l’absence du co-prévenu
Pour faire face aux accusations, l’ex-garde des Sceaux s’est entourée de cinq avocats. Parmi eux figurent de nouvelles têtes comme Jean-Yves Le Borgne — ancien conseil de Carlos Ghosn — ou encore Antoine Beauquier. Pour convaincre le tribunal, la défense entend soulever la prescription des faits et s’appuyer sur le témoignage d’une demi-douzaine de personnes, dont l’ancienne secrétaire de Carlos Ghosn, censées attester du travail réellement effectué par Rachida Dati.
Seul grand absent sur le banc des prévenus : Carlos Ghosn lui-même. Toujours réfugié au Liban et visé par un mandat d’arrêt international, l’ancien homme d’affaires ne fera pas le déplacement. Son avocat libanais tente d’ailleurs de faire annuler la procédure le concernant, invoquant un non-respect des délais légaux de citation pour les résidents à l’étranger. Du côté de Rachida Dati, on assure cependant ne pas vouloir utiliser cet argument pour demander un nouveau report : « Nous, on veut être jugés, on n’en peut plus d’attendre ! », affirme l’un de ses avocats, Olivier Prado.
Un avenir politique et judiciaire en jeu
Les retombées de cette audience s’annoncent déterminantes pour la femme politique. Si elle venait à être condamnée à une peine d’inéligibilité assortie d’une exécution provisoire, elle perdrait immédiatement son mandat de maire du VIIᵉ arrondissement de Paris.
Au-delà de sa carrière politique, c’est aussi sa réintégration dans la magistrature, son corps d’origine, qui ne tient qu’à un fil. Bien qu’une proposition d’affectation automatique lui ait été formulée au secrétariat général du ministère de la Justice, son dossier doit être examiné début octobre par le Conseil supérieur de la magistrature (CSM), dont l’avis sera décisif.
Le verdict rendu à l’issue de ces deux semaines d’audience déterminera si la maire parisienne pourra poursuivre sa vie publique ou si sa trajectoire politique connaîtra un coup d’arrêt définitif.
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