Israël approuve l’utilisation de crocodiles pour sécuriser une prison accueillant des détenus palestiniens

Si le reclassement du crocodile du Nil constitue désormais une base juridique permettant le recours à cette espèce dans un contexte sécuritaire en Israël, aucune annonce officielle n'a encore confirmé le déploiement effectif de crocodiles autour de la prison de Ketziot. Le projet reste, à ce stade, tributaire des modalités de sa mise en œuvre et ne manque pas de susciter des interrogations, tant sur le plan éthique que sur celui du bien-être animal.

Le gouvernement israélien a modifié le statut juridique du crocodile du Nil, ouvrant la voie à son utilisation à des fins sécuritaires. Cette décision, saluée par le ministre de la Sécurité nationale Itamar Ben Gvir, pourrait permettre le déploiement de ces reptiles autour de la prison de Ketziot, dans le désert du Néguev, où sont détenus de nombreux Palestiniens, selon le quotidien français Ouest-France.

Jusqu’à présent, le crocodile du Nil était classé parmi les « animaux sauvages » en Israël. D’après Ouest-France, la ministre de la Protection de l’environnement, Idit Silman, a approuvé un reclassement de l’espèce dans la catégorie de la « faune élevée en captivité ». Cette évolution réglementaire permet désormais d’envisager son utilisation dans un cadre sécuritaire, alors que son élevage était auparavant limité à des objectifs scientifiques ou éducatifs.

Cette réforme répond à une proposition défendue depuis plusieurs mois par Itamar Ben Gvir. Le ministre d’extrême droite milite en effet pour l’installation de crocodiles autour de la prison de Ketziot afin de renforcer la sécurité et de dissuader toute tentative d’évasion.

Sur les réseaux sociaux, Ben Gvir a célébré cette évolution réglementaire en publiant un message provocateur accompagné d’une image générée par intelligence artificielle le représentant tenant un crocodile en laisse. « Terroriste maudit, tu songes à tenter de t’évader ? Réfléchis-y à deux fois », a-t-il écrit, selon Ouest-France.

Une idée relancée après un premier échec

Le projet n’est pas inédit. Selon le média français, Itamar Ben Gvir avait déjà proposé, en décembre 2025, de transférer des crocodiles provenant d’une ferme située sur le plateau du Golan occupé afin de les déployer autour des établissements pénitentiaires.

Cette initiative avait toutefois été rejetée par l’Autorité israélienne de la nature et des parcs, qui considérait que la détention de crocodiles ne pouvait être autorisée que pour des activités de recherche ou de sensibilisation du public.

Le nouveau reclassement juridique supprime cet obstacle réglementaire et autorise désormais, selon les autorités israéliennes, le recours à ces animaux dans un dispositif de sécurité.

La prison de Ketziot, située dans le désert du Néguev, accueille notamment des détenus palestiniens ainsi que des membres présumés du Hamas arrêtés après les attaques du 7 octobre 2023, rappelle Ouest-France.

Une initiative qui rappelle une expérience américaine

Le projet israélien évoque une initiative lancée aux États-Unis durant la présidence de Donald Trump. À l’été 2025, un centre de rétention pour migrants, rapidement surnommé « l’Alcatraz des alligators », avait été installé en Floride au cœur d’une vaste zone marécageuse peuplée d’alligators et de crocodiles.

Selon Ouest-France, les autorités américaines présentaient alors l’environnement naturel comme un moyen supplémentaire de décourager les évasions. Le projet avait cependant suscité de vives critiques de la part d’organisations de défense des droits humains et de protection animale, qui dénonçaient à la fois les conditions de détention des migrants et l’utilisation des animaux à des fins de dissuasion.

Toujours d’après la même source, ce centre de rétention a finalement été fermé en juin 2026 après plusieurs mois de controverses.

Si le reclassement du crocodile du Nil constitue désormais une base juridique permettant le recours à cette espèce dans un contexte sécuritaire en Israël, aucune annonce officielle n’a encore confirmé le déploiement effectif de crocodiles autour de la prison de Ketziot. Le projet reste, à ce stade, tributaire des modalités de sa mise en œuvre et ne manque pas de susciter des interrogations, tant sur le plan éthique que sur celui du bien-être animal.

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