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  • Tourisme : les Espagnols commencent à se détourner du Maroc après la crise de Ceuta

    Tourisme : les Espagnols commencent à se détourner du Maroc après la crise de Ceuta

    Les annulations de séjours au Maroc se concentrent désormais sur le mois de septembre. Selon les données de Travelgate citées par Hosteltur, 84,13 % des annulations effectuées par des clients espagnols au cours de la semaine précédant le 4 septembre concernaient des séjours prévus en septembre.

    La crise ouverte entre l’Espagne et le Maroc après les événements survenus à Ceuta fin juillet commence-t-elle à produire ses premiers effets sur le tourisme ? Les chiffres disponibles montrent, à tout le moins, un changement de comportement du marché espagnol.

    Selon des données de la plateforme spécialisée Travelgate, rapportées par Hosteltur et reprises par La Gaceta, 84,13 % des annulations enregistrées parmi les clients espagnols durant la semaine précédant le 4 septembre concernaient des séjours programmés pour le mois de septembre. À titre de comparaison, septembre ne représentait que 51,58 % des annulations enregistrées sur la même période pour les autres marchés internationaux.

    Un phénomène concentré sur les voyages imminents

    Le chiffre de 84,13 % doit toutefois être interprété avec précision. Il ne signifie pas que 84 % des réservations espagnoles au Maroc ont été annulées.

    Il indique que, parmi les réservations espagnoles qui ont effectivement été annulées durant cette période précise, 84,13 % concernaient des séjours devant commencer en septembre.

    Cette concentration est néanmoins révélatrice. Elle suggère que le marché espagnol réagit particulièrement aux événements immédiats et à l’incertitude entourant les relations entre Madrid et Rabat.

    Le mois de septembre représentait parallèlement environ 60 % des nouvelles réservations effectuées récemment par les clients espagnols, contre 44 % pour les autres nationalités. Les annulations concernent notamment plusieurs destinations très fréquentées par les touristes espagnols, parmi lesquelles Marrakech, Agadir, Meknès et Tanger.

    Les agences constatent déjà un coup de frein

    Le secteur touristique espagnol reste cependant plus prudent dans son appréciation de la situation.

    La Confédération espagnole des agences de voyages (CEAV) a reconnu début septembre un ralentissement des nouvelles réservations vers le Maroc, tout en affirmant ne pas constater, à ce stade, de volume « significatif » d’annulations de voyages déjà programmés.

    L’enjeu est considérable pour le Maroc. Le royaume accueille chaque année plusieurs millions de visiteurs espagnols, faisant de l’Espagne l’un de ses marchés touristiques européens les plus importants. Selon la CEAV, près de quatre millions d’Espagnols se rendent annuellement au Maroc.

    D’autres acteurs du secteur décrivent cependant une situation beaucoup plus tendue, avec un net ralentissement des ventes et, dans certains cas, des agences faisant état de réservations quasiment à l’arrêt depuis la fin juillet.

    Ceuta, point de bascule

    Cette évolution intervient quelques semaines après l’épisode migratoire massif qui a touché Ceuta les 30 et 31 juillet.

    Selon les chiffres rapportés par La Gaceta, environ 72 000 personnes auraient franchi illégalement la frontière durant ces deux journées. L’événement a provoqué une crise politique et sécuritaire majeure autour de la frontière entre l’Espagne et le Maroc. Une enquête judiciaire est par ailleurs en cours en Espagne sur les circonstances de cette arrivée massive.

    Dans ce contexte, le tourisme apparaît comme l’un des premiers secteurs susceptibles de ressentir les conséquences d’une dégradation durable des relations bilatérales.

    Un avertissement pour le secteur touristique marocain ?

    Pour l’instant, il serait prématuré de parler d’un effondrement du tourisme espagnol au Maroc. Les données disponibles portent essentiellement sur une période courte et sur les comportements de réservation et d’annulation.

    Mais le signal est suffisamment marqué pour attirer l’attention : le marché espagnol semble désormais beaucoup plus sensible à la crise politique et sécuritaire autour de Ceuta.

    Le risque pour Rabat serait surtout de voir cette tendance se prolonger à l’automne, période importante pour le tourisme marocain. Une baisse durable des nouvelles réservations, combinée à une multiplication des annulations de dernière minute, pourrait alors commencer à se traduire directement dans les taux d’occupation des hôtels, l’activité des agences et les liaisons aériennes et maritimes entre les deux pays.

    Après avoir longtemps été présenté comme l’un des principaux ponts économiques entre l’Espagne et le Maroc, le tourisme pourrait ainsi devenir à son tour un indicateur de la profondeur de la crise entre Madrid et Rabat.

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  • Affaire Renault-Ghosn : Rachida Dati face à son destin judiciaire

    Affaire Renault-Ghosn : Rachida Dati face à son destin judiciaire

    C’est un rendez-vous judiciaire particulièrement attendu. Du 16 au 28 septembre, la plus grande salle du Palais de justice de Paris accueillera le procès de Rachida Dati, pour lequel plus de 50 journalistes se sont déjà faits accréditer. Après avoir usé de pas moins de 45 recours au cours des dernières années, l’actuelle maire du VIIᵉ arrondissement de Paris doit enfin venir s’expliquer sur les 900 000 euros d’honoraires perçus entre 2010 et 2012.

    Ces fonds, versés par l’ancien patron de l’alliance Renault-Nissan, Carlos Ghosn, rémunéraient une mission de conseil international au Maghreb, en Turquie et en Iran. Une prestation aujourd’hui qualifiée d’emploi fictif par le Parquet national financier (PNF) ainsi que par le constructeur automobile lui-même.

    Une défense offensive malgré l’absence du co-prévenu

    Pour faire face aux accusations, l’ex-garde des Sceaux s’est entourée de cinq avocats. Parmi eux figurent de nouvelles têtes comme Jean-Yves Le Borgne — ancien conseil de Carlos Ghosn — ou encore Antoine Beauquier. Pour convaincre le tribunal, la défense entend soulever la prescription des faits et s’appuyer sur le témoignage d’une demi-douzaine de personnes, dont l’ancienne secrétaire de Carlos Ghosn, censées attester du travail réellement effectué par Rachida Dati.

    Seul grand absent sur le banc des prévenus : Carlos Ghosn lui-même. Toujours réfugié au Liban et visé par un mandat d’arrêt international, l’ancien homme d’affaires ne fera pas le déplacement. Son avocat libanais tente d’ailleurs de faire annuler la procédure le concernant, invoquant un non-respect des délais légaux de citation pour les résidents à l’étranger. Du côté de Rachida Dati, on assure cependant ne pas vouloir utiliser cet argument pour demander un nouveau report : « Nous, on veut être jugés, on n’en peut plus d’attendre ! », affirme l’un de ses avocats, Olivier Prado.

    Un avenir politique et judiciaire en jeu

    Les retombées de cette audience s’annoncent déterminantes pour la femme politique. Si elle venait à être condamnée à une peine d’inéligibilité assortie d’une exécution provisoire, elle perdrait immédiatement son mandat de maire du VIIᵉ arrondissement de Paris.

    Au-delà de sa carrière politique, c’est aussi sa réintégration dans la magistrature, son corps d’origine, qui ne tient qu’à un fil. Bien qu’une proposition d’affectation automatique lui ait été formulée au secrétariat général du ministère de la Justice, son dossier doit être examiné début octobre par le Conseil supérieur de la magistrature (CSM), dont l’avis sera décisif.

    Le verdict rendu à l’issue de ces deux semaines d’audience déterminera si la maire parisienne pourra poursuivre sa vie publique ou si sa trajectoire politique connaîtra un coup d’arrêt définitif.

  • Ceuta : Madrid savait. Le CNI avait alerté Rabat 24 heures avant l’assaut migratoire

    Ceuta : Madrid savait. Le CNI avait alerté Rabat 24 heures avant l’assaut migratoire

    Les documents déclassifiés par Madrid révèlent que le renseignement espagnol avait identifié, dès le 29 juillet, des appels à une entrée massive dans l’enclave et en avait informé les services marocains. Vingt-quatre heures plus tard, plus de 70 000 migrants se retrouvaient à Ceuta. Une révélation qui met sous pression le gouvernement Sánchez et relance les interrogations sur le rôle de Rabat.

    Madrid — La crise migratoire qui a frappé Ceuta le 30 juillet dernier n’a peut-être pas pris les autorités espagnoles totalement par surprise. C’est en tout cas ce que suggèrent les documents déclassifiés par le gouvernement espagnol et examinés par Reuters.

    La révélation est politiquement explosive : le Centre national de renseignement espagnol (CNI) avait alerté les autorités marocaines et les représentants de l’État espagnol à Ceuta dès le 29 juillet, soit la veille de l’arrivée massive de dizaines de milliers de migrants.

    Selon une note du CNI, des appels circulaient alors sur les réseaux sociaux pour organiser une entrée massive dans l’enclave espagnole, soit en franchissant les barrières frontalières, soit en contournant le dispositif terrestre par la mer.

    Les messages avaient déjà atteint une audience considérable. Deux groupes identifiés par le renseignement espagnol totalisaient environ 180 000 abonnés.

    L’information n’est donc pas seulement celle d’une menace abstraite. Elle avait été suffisamment précise pour faire l’objet d’une alerte adressée aux services de renseignement marocains — la DGST et la DGED — ainsi qu’au représentant du gouvernement espagnol à Ceuta.

    Rabat était-il prévenu ?

    C’est probablement l’un des éléments les plus sensibles de cette affaire.

    Le 29 juillet, le CNI espagnol avertissait ses homologues marocains que des migrants envisageaient de profiter des célébrations de la Fête du Trône pour tenter une entrée massive à Ceuta.

    Le lendemain, la crise éclatait.

    Plus de 70 000 personnes ont franchi ou tenté de franchir la frontière selon les éléments rapportés par Reuters. Dans la nuit précédant le mouvement massif, plusieurs centaines de migrants avaient déjà gagné Ceuta à la nage.

    Les documents espagnols indiquent également que la situation se détériorait depuis plusieurs jours. Dès le 25 juillet, environ 1 700 personnes étaient arrivées par voie maritime, poussant le ministère espagnol de la Défense à évoquer une situation de « chaos migratoire » sur le littoral marocain et à anticiper de nouvelles incursions à très court terme.

    Autrement dit, la crise n’est pas apparue spontanément le matin du 30 juillet. Les signaux d’alerte s’étaient accumulés.

    Le paradoxe Sánchez

    La publication des documents place désormais le gouvernement de Pedro Sánchez devant une question embarrassante : que savait exactement Madrid, quand l’a-t-il su et quelles mesures ont été prises ?

    Le ministre espagnol des Affaires étrangères, José Manuel Albares, affirme que les documents ne démontrent pas que le gouvernement disposait d’informations permettant de mesurer l’ampleur de la mobilisation.

    « Je n’étais au courant d’aucune information indiquant l’ampleur de l’avalanche », a-t-il déclaré, selon Reuters.

    La nuance est importante.

    Le fait que le CNI ait détecté et signalé les préparatifs ne signifie pas nécessairement que les autorités espagnoles savaient que des dizaines de milliers de personnes allaient se présenter à la frontière.

    Mais politiquement, la question demeure : comment une alerte portant sur une opération massive, relayée dans des groupes comptant 180 000 abonnés, a-t-elle pu déboucher sur une crise d’une telle ampleur ?

    Une frontière sous surveillance… mais débordée

    Les documents déclassifiés soulèvent également des interrogations sur l’attitude des forces marocaines.

    Dans une note datée du 30 juillet, le CNI estime qu’aucune réponse proactive des autorités marocaines n’avait été observée pour reprendre le contrôle de la situation, au-delà du déploiement de quelques unités antiémeutes.

    Pourtant, selon un rapport du ministère espagnol de l’Intérieur cité par Reuters, environ 1 000 policiers et militaires marocains supplémentaires avaient été mobilisés pour renforcer la frontière.

    Le paradoxe est manifeste : des renforts étaient présents, mais le dispositif n’a pas empêché le mouvement de masse.

    C’est précisément cette apparente contradiction qui alimente aujourd’hui la controverse espagnole.

    L’hypothèse d’une opération orchestrée reste non démontrée

    Il serait toutefois prématuré de transformer ces éléments en preuve d’une opération délibérément organisée par Rabat.

    Le Premier ministre Pedro Sánchez l’a clairement affirmé : Madrid ne dispose, selon lui, d’aucune preuve solide permettant d’établir que les autorités marocaines ont orchestré l’afflux migratoire.

    Cette position contraste néanmoins avec les conclusions d’un rapport de police espagnol récemment révélé, qui décrit une attitude particulièrement passive des forces marocaines durant la période critique.

    Le rapport évoque notamment des effectifs initialement inférieurs à la normale dans certaines zones et des comportements pouvant avoir facilité le déplacement des migrants. Mais il ne fournit pas de preuve indépendante établissant l’existence d’un ordre donné par les autorités marocaines pour laisser passer les migrants.

    Ceuta, nouveau point de tension entre Madrid et Rabat

    Au-delà de la crise migratoire, l’affaire révèle une fragilité plus profonde dans la relation hispano-marocaine.

    Depuis plusieurs années, Madrid considère la coopération avec Rabat comme un élément essentiel de sa politique migratoire et sécuritaire. La crise de Ceuta montre cependant que cette coopération peut devenir extrêmement vulnérable lorsque les intérêts politiques, la pression migratoire et les revendications territoriales se croisent.

    Le contexte politique marocain n’est pas anodin. Quelques semaines après la crise, des responsables marocains ont réaffirmé les revendications de Rabat sur Ceuta et Melilla, provoquant une réaction diplomatique espagnole. Madrid a convoqué l’ambassadeur du Maroc le 21 août après des déclarations jugées « inacceptables » de deux ministres marocains.

    La frontière de Ceuta apparaît ainsi de moins en moins comme une simple ligne de séparation entre l’Europe et l’Afrique. Elle est devenue un espace où se confrontent migration, souveraineté, renseignement et rapports de force diplomatiques.

    La question qui dérange : que s’est-il passé pendant les dix heures critiques ?

    Pedro Sánchez reconnaît lui-même que les forces marocaines ont laissé les passages se produire durant une période critique d’environ dix heures le 30 juillet. La question reste de savoir si cette situation résultait d’une incapacité à contrôler la foule ou d’une décision de ne pas intervenir immédiatement.

    C’est précisément là que se situe le cœur de la controverse.

    Car les nouveaux documents ne prouvent pas que Rabat a organisé l’afflux.

    Mais ils établissent un élément beaucoup plus difficile à écarter : le risque d’une tentative massive était connu à l’avance et avait été communiqué aux autorités marocaines.

    Dès lors, la question n’est plus seulement de savoir si Madrid aurait pu prévoir la crise.

    Elle est aussi de déterminer ce que Rabat savait, ce qu’il a fait de cette information et pourquoi le dispositif frontalier a finalement cédé pendant plusieurs heures.

    Une crise qui continue de produire ses effets

    Six semaines après les événements, la crise est loin d’être refermée. Selon les autorités locales citées par Reuters, plus de 10 000 migrants, parmi lesquels des mineurs non accompagnés, se trouvent encore à Ceuta, dans des conditions particulièrement difficiles.

    Des ONG estiment par ailleurs qu’environ 140 personnes ont perdu la vie pendant la crise.

    La publication par Madrid de 40 rapports, alertes et communications couvrant la période du 1er au 31 juillet devrait donc davantage ouvrir le débat qu’y mettre fin.

    Car une chose apparaît désormais clairement : le 30 juillet n’était pas un coup de tonnerre dans un ciel serein.

    Les services espagnols avaient vu venir la mobilisation. Ils avaient identifié les réseaux qui l’alimentaient. Ils avaient alerté leurs homologues marocains. Et pourtant, quelques heures plus tard, Ceuta faisait face à l’une des plus importantes crises migratoires de son histoire.

    La grande question n’est donc plus seulement : “Qui a provoqué la crise de Ceuta ?”

    Elle est devenue : “Qui savait qu’elle allait arriver — et pourquoi personne ne l’a empêchée ?”

    Source : Reuters, 9 septembre 2026, à partir de documents déclassifiés par le gouvernement espagnol.

  • Après le putsch avorté, l’Algérie muscle son alliance avec le Niger et redessine les rapports de force au Sahel

    Après le putsch avorté, l’Algérie muscle son alliance avec le Niger et redessine les rapports de force au Sahel

    Quatre Su-30MKA, un Il-78, un Il-76, puis des hélicoptères Mi-24 et Mi-171 : en quelques semaines, l’Algérie a considérablement renforcé sa présence aux côtés du Niger. Et le calendrier interpelle. Le déploiement des chasseurs algériens à Niamey est intervenu au lendemain de la tentative de déstabilisation survenue à la Base 101, dans la nuit du 28 au 29 août 2026.

    Mais derrière les avions de combat se dessine une transformation beaucoup plus profonde : Alger et Niamey semblent vouloir faire de leur relation un véritable partenariat stratégique, couvrant désormais la défense, l’énergie, les infrastructures et le numérique.

    Niamey accuse, Alger répond présent

    Le pouvoir nigérien n’a pas tardé à désigner ses soutiens.

    Réuni le 4 septembre sous la présidence du général Abdourahamane Tiani, le Conseil des ministres a salué la solidarité manifestée par les pays de l’Alliance des États du Sahel, la Russie et l’Algérie après la tentative de déstabilisation.

    Le gouvernement nigérien affirme que l’opération aurait été menée par des éléments du Bataillon spécial de renseignement du Commandement des opérations spéciales et accuse un réseau international qu’il associe directement au pouvoir français.

    Ces accusations restent celles des autorités nigériennes et n’ont pas été établies indépendamment. Elles témoignent néanmoins du niveau de confrontation géopolitique atteint entre Niamey et ses anciens partenaires occidentaux.

    Et c’est précisément dans ce climat de tension que la réponse algérienne prend toute sa portée.

    Le ciel de Niamey change de visage

    Le 30 août, quatre chasseurs Su-30MKA algériens ont été déployés au Niger, accompagnés d’un avion ravitailleur Il-78 et d’un avion de transport Il-76.

    Quelques semaines auparavant, Alger avait déjà fourni quatre hélicoptères : deux Mi-171 et deux Mi-24.

    Pris séparément, ces équipements constituent une aide militaire importante. Pris ensemble, ils racontent autre chose : l’apparition d’une capacité algérienne projetée directement au cœur du Sahel.

    Pour l’expert en défense Akram Kharief, cette opération traduit une évolution de la posture algérienne dans la région. Selon son analyse, Alger aurait progressivement abandonné une approche essentiellement diplomatique pour proposer aux pays de l’AES une coopération plus large, notamment dans le domaine sécuritaire.

    Le changement est potentiellement majeur.

    Pendant des années, l’Algérie a privilégié une doctrine de non-intervention et une approche prudente de son environnement sahélien. La situation actuelle pourrait marquer le début d’une nouvelle phase : celle d’une Algérie qui entend exercer davantage sa puissance au sud du Sahara.

    L’enjeu dépasse le Niger

    Pourquoi Niamey ?

    Parce que le Niger constitue un verrou géopolitique.

    Le pays partage une longue frontière avec l’Algérie et se trouve au carrefour de plusieurs espaces stratégiques : Sahel, Afrique de l’Ouest, Libye et Afrique du Nord.

    Pour Niamey, renforcer la coopération avec Alger permet donc de diversifier ses appuis tout en s’éloignant davantage des anciennes architectures sécuritaires dominées par les puissances occidentales.

    Pour Alger, l’enjeu est tout aussi stratégique.

    Un Niger plus stable et davantage lié à l’Algérie constitue une profondeur sécuritaire supplémentaire pour la frontière méridionale algérienne.

    La lutte contre les groupes armés, le contrôle des flux transfrontaliers et la sécurisation des espaces sahéliens deviennent ainsi des intérêts communs.

    Mais l’armée n’est que la partie visible de l’alliance

    Le véritable changement se trouve peut-être ailleurs.

    Depuis le début du mois de septembre, les deux pays multiplient les initiatives économiques et techniques.

    Le 3 septembre, Alger et Niamey ont renforcé leur coopération dans les travaux publics et les infrastructures. Des accords spécifiques ont été conclus autour du transfert d’expertise, de la formation technique et de l’échange d’expériences.

    Puis, le 8 septembre, Niger Télécoms et Algérie Télécoms ont signé un partenariat accompagné de la remise de matériels et d’équipements télécoms.

    Le message est clair : la coopération algéro-nigérienne ne se limite plus aux casernes et aux bases aériennes. Elle commence à investir les secteurs qui structurent l’économie d’un État : routes, infrastructures, télécommunications, compétences et énergie.

    C’est cette diversification qui pourrait donner au rapprochement sa véritable profondeur.

    Alger veut-elle construire un nouvel axe sahélien ?

    La question devient désormais incontournable.

    L’Algérie ne cherche-t-elle pas simplement à aider son voisin nigérien, mais à construire progressivement un espace d’influence stratégique au Sahel ?

    L’hypothèse mérite d’être prise au sérieux.

    Le rapprochement avec Niamey intervient alors qu’Alger tente également de renforcer ses relations avec les pays de l’AES. La logique serait alors celle d’une coopération régionale reposant sur plusieurs piliers : sécurité, défense, formation, énergie, infrastructures et échanges économiques.

    Pour Garka Alhassane, acteur de la société civile nigérienne cité par Sputnik Afrique, le Niger aurait tout intérêt à consolider et diversifier cette coopération. Il défend notamment le principe d’une coopération Sud-Sud accrue et d’un rapprochement avec les voisins africains.

    Le message politique est particulièrement fort : pour Niamey, la souveraineté ne signifie plus seulement rompre avec les anciennes puissances tutélaires ; elle signifie aussi construire de nouvelles interdépendances africaines.

    Une nouvelle carte des alliances

    Cette évolution intervient dans un Sahel où les équilibres sont déjà profondément bouleversés.

    Le Mali, le Burkina Faso et le Niger ont fait de leur alliance un instrument politique et sécuritaire central. La Russie s’est imposée comme un partenaire majeur. Et l’Algérie semble désormais vouloir occuper un espace spécifique entre l’Afrique du Nord et l’AES.

    Sa position est particulière.

    Contrairement à Moscou, Alger est une puissance africaine voisine. Contrairement aux anciennes puissances européennes, elle ne porte pas le même héritage institutionnel et militaire dans les capitales sahéliennes. Et contrairement à plusieurs acteurs extérieurs, elle possède une frontière directe avec le Sahel.

    Cette proximité pourrait devenir son principal avantage stratégique.

    Le putsch avorté comme accélérateur

    Il serait toutefois prématuré d’affirmer que la tentative de déstabilisation du 28 août a provoqué à elle seule le changement de posture algérien. Plusieurs éléments de coopération semblent avoir été préparés avant cette crise.

    Mais le calendrier est révélateur.

    Le Niger est confronté à une double pression : une menace sécuritaire persistante et une lutte politique acharnée autour de son orientation géopolitique.

    Dans ce contexte, l’arrivée rapide de moyens militaires algériens envoie un signal à la fois à Niamey et à l’ensemble de la région.

    L’Algérie ne veut plus seulement regarder le Sahel depuis ses frontières. Elle semble vouloir y peser.

    Vers un partenariat stratégique durable ?

    La véritable question est désormais celle de la durée.

    Si les coopérations militaires s’accompagnent effectivement de projets énergétiques, d’infrastructures, de télécommunications et de formation, le rapprochement entre Alger et Niamey pourrait dépasser le cadre d’une alliance conjoncturelle.

    Il pourrait devenir l’un des nouveaux axes structurants de l’Afrique du Nord et du Sahel.

    Pour le Niger, l’enjeu est de trouver les moyens de consolider sa souveraineté tout en répondant à ses urgences sécuritaires et économiques.

    Pour l’Algérie, il s’agit de transformer sa puissance militaire, économique et géographique en influence régionale.

    Et dans un Sahel où les anciennes alliances s’effondrent et où de nouvelles apparaissent, le ciel de Niamey pourrait bien être le symbole d’un changement beaucoup plus vaste : celui du retour de l’Algérie comme puissance stratégique au sud du Sahara.

  • Mohammed VI : l’empire d’un roi milliardaire face aux Marocains qui comptent chaque dirham

    Mohammed VI : l’empire d’un roi milliardaire face aux Marocains qui comptent chaque dirham

    Palais, participations financières, propriétés de luxe, avions privés, yacht et collection automobile : le patrimoine associé au roi du Maroc illustre une concentration exceptionnelle de richesse et de pouvoir économique. Mais derrière les milliards attribués au souverain se pose une question plus politique : jusqu’où peut aller la confusion entre monarchie, fortune privée et économie nationale ?

    Au Maroc, le contraste est saisissant. D’un côté, un royaume qui se présente comme une puissance économique émergente, engagée dans de grands projets d’infrastructures, industriels et sportifs. De l’autre, une monarchie dont le patrimoine et l’influence économique atteignent une dimension difficile à comparer avec ceux de la plupart des dirigeants politiques contemporains.

    Une nouvelle publication consacrée au patrimoine de Mohammed VI remet sous les projecteurs cette question récurrente : combien vaut réellement la fortune du roi du Maroc et quelle est l’étendue de l’empire économique qui gravite autour de la famille royale ?

    La réponse demeure difficile à établir avec précision, notamment en raison de la distinction entre les biens personnels du souverain, ceux de la famille royale et les actifs détenus par des structures liées à la monarchie.

    5,7 milliards de dollars : un chiffre ancien, mais révélateur

    Le chiffre le plus souvent cité reste celui de 5,7 milliards de dollars.

    Forbes avait estimé en 2015 la fortune de Mohammed VI à ce niveau, le plaçant alors au cinquième rang de son classement des plus grandes fortunes africaines. Le magazine expliquait notamment cette richesse par les participations héritées de son père Hassan II dans la Société Nationale d’Investissement, devenue par la suite Al Mada.

    Il faut cependant éviter un raccourci : 5,7 milliards de dollars n’est pas une estimation officielle de la fortune actuelle du roi. Il s’agit d’une évaluation réalisée il y a plus de dix ans.

    Depuis, l’empire économique lié à la famille royale a continué à évoluer. Al Mada est aujourd’hui présent dans de nombreux secteurs, notamment la banque, les mines, l’énergie, les télécommunications, l’agroalimentaire et les investissements industriels en Afrique.

    Autrement dit, le véritable enjeu ne réside peut-être pas uniquement dans la valeur du patrimoine personnel de Mohammed VI, mais dans la puissance économique du système patrimonial qui l’entoure.

    Al Mada : quand la monarchie devient un acteur économique majeur

    L’ancien SNI, devenu Al Mada, constitue l’un des piliers de cette puissance.

    La holding est étroitement associée à la famille royale et possède des participations dans plusieurs grandes entreprises marocaines. Elle est notamment présente dans le secteur bancaire avec Attijariwafa Bank, dans les mines avec Managem, dans l’énergie et dans de nombreux autres secteurs stratégiques.

    Cette situation nourrit depuis longtemps les interrogations sur le modèle économique marocain.

    Car le roi n’est pas seulement le chef de l’État. La monarchie est également associée à un vaste ensemble d’intérêts économiques.

    C’est cette double dimension, politique et économique, qui distingue profondément le système marocain de celui de nombreuses monarchies constitutionnelles européennes.

    Une richesse qui se voit

    Le patrimoine immobilier associé à la famille royale constitue l’autre visage de cette fortune.

    Palais royaux, propriétés au Maroc, biens immobiliers en France : l’univers patrimonial de la monarchie contraste fortement avec les réalités quotidiennes d’une grande partie de la population marocaine.

    À Paris, plusieurs propriétés attribuées au souverain ou à son entourage ont régulièrement fait l’objet d’articles dans la presse internationale. Le patrimoine français de la famille royale est ainsi devenu l’un des symboles les plus visibles de la dimension internationale de cette richesse.

    Le paradoxe est particulièrement frappant : la monarchie marocaine investit massivement dans des actifs de prestige à l’étranger alors que le Maroc continue de faire face à d’importantes difficultés sociales et territoriales.

    Jets, yacht et centaines de voitures

    À cette fortune financière s’ajoute un patrimoine matériel particulièrement spectaculaire.

    La monarchie marocaine dispose d’un important parc automobile, constitué au fil des règnes successifs. Le chiffre de 600 véhicules est régulièrement cité dans les publications consacrées à la collection royale, même si aucun inventaire officiel complet n’est publiquement disponible.

    Rolls-Royce, Mercedes, Ferrari, Porsche, Bentley, Aston Martin ou encore Maserati figureraient parmi les marques représentées.

    Le souverain est également associé au yacht Badis 1, anciennement Sybaris, un voilier de luxe de 70 mètres.

    À cela s’ajoute une flotte aérienne comprenant plusieurs appareils utilisés par la famille royale. Là encore, il convient de distinguer les avions appartenant effectivement au patrimoine royal de ceux relevant de la flotte officielle de l’État.

    Le luxe royal face à la réalité sociale

    C’est ici que le débat devient politique.

    Le Maroc veut aujourd’hui se présenter comme une puissance africaine moderne, un hub industriel et financier et un futur acteur majeur du tourisme et du sport mondial. Le royaume prépare notamment l’accueil de grands événements internationaux et poursuit d’importants investissements dans les infrastructures.

    Mais derrière cette vitrine se trouvent des millions de Marocains confrontés à la hausse du coût de la vie, aux difficultés d’accès aux soins, aux disparités territoriales et à un marché de l’emploi qui reste particulièrement difficile pour les jeunes.

    La question n’est donc pas simplement de savoir combien vaut le roi.

    Elle est de savoir comment une économie peut concentrer autant de pouvoir économique autour d’une institution monarchique tout en demandant à une grande partie de sa population de supporter les coûts sociaux de la transformation du pays.

    Une fortune impossible à mesurer avec certitude

    La prudence reste indispensable.

    Il serait abusif d’additionner mécaniquement les palais, les participations d’Al Mada, les biens immobiliers, les avions et les véhicules pour présenter le résultat comme la fortune personnelle de Mohammed VI.

    De même, le chiffre de 5,7 milliards de dollars doit être présenté pour ce qu’il est : une estimation de Forbes datant de 2015, et non une déclaration patrimoniale actuelle du souverain.

    Mais cette incertitude ne fait que renforcer une autre interrogation : l’absence de transparence complète sur les frontières entre patrimoine royal, patrimoine familial et intérêts économiques liés à la monarchie.

    C’est précisément cette zone grise qui nourrit régulièrement les critiques.

    Une monarchie au cœur de l’économie

    Le cas marocain pose ainsi une question qui dépasse largement le train de vie personnel du souverain.

    Mohammed VI concentre une double puissance : celle du chef de l’État et celle d’un acteur économique majeur.

    À travers Al Mada et d’autres structures liées à la famille royale, la monarchie dispose d’une présence dans des secteurs essentiels de l’économie marocaine. Cette situation permet à la famille royale de participer directement à la création et à l’accumulation de richesse nationale.

    Pour ses défenseurs, cette puissance économique constitue un instrument permettant au Maroc de financer son développement et de renforcer ses ambitions africaines.

    Pour ses détracteurs, elle représente au contraire l’un des principaux exemples de la concentration du pouvoir économique entre les mains d’une élite proche du palais.

    Une chose est certaine : le véritable patrimoine de Mohammed VI ne se résume pas à ses palais, ses voitures ou son yacht. Il réside aussi dans l’influence économique considérable exercée par la monarchie sur l’économie marocaine.

    Et c’est peut-être là que se trouve la véritable question : non pas combien possède le roi, mais combien de pouvoir économique une monarchie peut-elle concentrer sans que la frontière entre intérêt public et intérêt privé devienne impossible à distinguer ?

  • Maroc – Espagne : Madrid avait-elle été avertie avant l’afflux massif du 30 juillet à Ceuta?

    Maroc – Espagne : Madrid avait-elle été avertie avant l’afflux massif du 30 juillet à Ceuta?

    Les révélations de plusieurs médias espagnols et l’analyse publiée par Akram Kharief sur MENADEFENSE relancent une question embarrassante pour le gouvernement de Pedro Sánchez : les autorités espagnoles disposaient-elles, avant le 30 juillet, d’informations suffisamment précises pour anticiper l’arrivée massive de migrants à Ceuta ? Plusieurs documents font état d’un risque d’entrée massive, tandis que Madrid affirme qu’aucune alerte ne permettait de prévoir l’ampleur exceptionnelle de la crise.

    La crise migratoire qui a secoué Ceuta à la fin du mois de juillet prend désormais une dimension politique et sécuritaire. Les documents et témoignages révélés depuis plusieurs jours suggèrent que différents services espagnols avaient détecté, avant le 30 juillet, une montée inhabituelle de la pression migratoire autour de l’enclave.

    Dans une analyse publiée le 3 septembre, Akram Kharief, de MENADEFENSE, s’appuie notamment sur des informations attribuées à El Mundo, ainsi que sur des éléments issus de rapports de la Police nationale, du renseignement militaire et d’analyses des réseaux sociaux. Selon cette chronologie, plusieurs signaux d’alerte auraient été transmis aux autorités espagnoles dans les jours précédant l’afflux massif.

    Une alerte militaire dès le 27 juillet

    L’un des premiers éléments cités remonte au 27 juillet. Selon les documents rapportés par El Mundo et repris par MENADEFENSE, le Regimiento de Guerra Electrónica nº 32 aurait transmis au Centre de renseignement des forces armées espagnoles (CIFAS) une information provenant de personnels chargés de la surveillance de la frontière marocaine.

    Cette information faisait état d’un risque important d’afflux de personnes vers Ceuta, potentiellement dans la nuit du 29 au 30 juillet, période correspondant à la célébration de la Fête du Trône au Maroc. Le scénario d’une « entrée massive » aurait alors été considéré comme très probable.

    Le CIFAS aurait ensuite élaboré, le 29 juillet, une analyse plus complète remontant la chaîne hiérarchique militaire jusqu’au chef d’état-major de la Défense.

    Ces éléments ne signifient toutefois pas que les autorités espagnoles connaissaient à l’avance le nombre exact de personnes susceptibles de franchir la frontière. C’est précisément sur cette distinction que repose une partie de la controverse actuelle.

    Ceuta était déjà sous pression

    Au moment où ces informations circulaient dans les services de sécurité, la situation humanitaire à Ceuta était déjà particulièrement tendue.

    Les autorités locales avaient organisé, le 27 juillet, une réunion consacrée à ce qui était qualifié d’« urgence migratoire ». Plus d’un millier de personnes étaient déjà arrivées au cours de la semaine précédente et les capacités d’accueil des mineurs ainsi que celles du Centre de séjour temporaire pour immigrés étaient fortement sollicitées.

    Le 29 juillet, le président de Ceuta, Juan Jesús Vivas, évoquait environ 1 500 arrivées à la nage en une semaine.

    Parallèlement, le Centre national de renseignement espagnol (CNI) suivait l’activité sur les réseaux sociaux. Selon les éléments rapportés par MENADEFENSE, les services avaient identifié un appel à tenter le franchissement de la frontière le lendemain.

    L’alerte « risque extrême »

    L’un des documents les plus sensibles dans cette affaire est une note du Centre national d’immigration et des frontières (CENIF).

    Selon les documents cités par plusieurs médias espagnols, le CENIF avait identifié un risque d’entrées irrégulières à Ceuta et Melilla pour le 30 juillet. Une note datée du 29 juillet évoquait notamment un scénario combinant des passages à la nage et des franchissements coordonnés de la clôture, avec un niveau de risque présenté comme « extrême ».

    Une autre note datée du matin du 30 juillet aurait ensuite fait état d’un risque extrême d’effondrement lié à une mobilisation massive détectée sur les réseaux sociaux et les applications de messagerie. L’information aurait été communiquée aux postes frontaliers concernés.

    Ces révélations donnent une nouvelle dimension aux déclarations contradictoires des responsables espagnols.

    La ministre de la Défense, Margarita Robles, a soutenu que les services de renseignement avaient bien émis des avertissements avant la crise. Le ministre de l’Intérieur, Fernando Grande-Marlaska, a pour sa part contesté l’existence d’informations permettant de prévoir une opération d’une telle ampleur.

    Le débat porte donc moins sur l’existence de signaux préalables que sur leur nature, leur niveau de précision, leur circulation au sein de l’État et les mesures prises en conséquence.

    Une mobilisation amplifiée par les réseaux sociaux

    L’autre élément central du dossier concerne les réseaux sociaux.

    Une étude de Maldita.es citée par MENADEFENSE aurait recensé plus de 1 100 publications en arabe relatives à Ceuta entre le 8 et le 31 juillet. L’activité aurait fortement augmenté à partir des 27 et 28 juillet, avec la diffusion de liens vers des groupes WhatsApp et Facebook destinés aux personnes envisageant de rejoindre l’enclave.

    La décision du Tribunal suprême espagnol du 29 juin aurait également joué un rôle dans la mobilisation numérique.

    Cette décision concernait le traitement juridique des personnes interceptées après avoir tenté de rejoindre Ceuta ou Melilla à la nage. Elle n’accordait pas un droit automatique de séjour en Espagne, mais cette nuance juridique aurait été largement perdue dans les publications diffusées en ligne.

    Des messages présentaient ainsi la décision comme une garantie permettant aux personnes atteignant Ceuta à la nage d’éviter une expulsion immédiate.

    Selon Reuters, l’importance des réseaux sociaux dans la mobilisation avait déjà été identifiée avant la crise. Des avertissements avaient notamment été adressés aux autorités espagnoles concernant l’augmentation des arrivées et l’activité en ligne.

    Le rôle des forces marocaines au cœur de la controverse

    La question la plus sensible concerne cependant le comportement des forces marocaines.

    Un rapport de la Police nationale espagnole transmis à l’Audiencia Nacional aurait relevé une présence inhabituellement faible des forces marocaines durant certaines phases de la crise et décrit des comportements interprétés par des policiers espagnols comme une facilitation de certains passages. Des agents en uniforme auraient notamment été observés en train de donner des indications à des personnes cherchant à rejoindre Ceuta.

    D’autres médias espagnols ont également rapporté des accusations de « guidage actif » des migrants par des membres des forces marocaines.

    Mais une distinction essentielle doit être maintenue : les éléments publiquement disponibles ne démontrent pas, à ce stade, qu’un ordre ait été donné par le gouvernement marocain pour organiser l’opération.

    C’est précisément ce qu’a affirmé Pedro Sánchez devant le Parlement le 3 septembre. Le Premier ministre espagnol a déclaré qu’aucune preuve ne permettait d’établir que le gouvernement marocain avait orchestré l’afflux massif. Il a toutefois reconnu que les forces marocaines avaient laissé passer des migrants durant une période critique.

    Cette nuance est fondamentale dans un dossier où les accusations politiques risquent de dépasser les éléments établis par les enquêtes.

    Un précédent qui pèse lourd : mai 2021

    La crise actuelle rappelle inévitablement celle de mai 2021, lorsque près de 8 000 personnes avaient rejoint Ceuta en deux jours après un relâchement spectaculaire du contrôle de la frontière marocaine.

    À l’époque, la crise était intervenue dans un contexte de forte tension diplomatique entre Madrid et Rabat, notamment autour de l’accueil en Espagne de Brahim Ghali, dirigeant du Front Polisario.

    Le précédent de 2021 constitue donc un élément important pour comprendre pourquoi la question de la coopération marocaine est aujourd’hui particulièrement sensible pour les autorités espagnoles.

    La frontière de Ceuta dépend en effet largement de ce qui se passe de l’autre côté. Lorsque la coopération entre les deux pays fonctionne, les tentatives de franchissement peuvent être stoppées bien avant d’atteindre la frontière espagnole. Lorsque le dispositif marocain est affaibli ou relâché, la pression se reporte immédiatement sur les forces espagnoles.

    Une crise qui expose les contradictions de Madrid

    Le dossier révèle surtout une contradiction au cœur de la gestion espagnole de la crise.

    D’un côté, plusieurs documents montrent que le risque d’une arrivée importante était identifié avant le 30 juillet. De l’autre, le gouvernement affirme qu’aucune information disponible ne permettait d’anticiper une mobilisation de plusieurs dizaines de milliers de personnes.

    Les deux affirmations peuvent théoriquement coexister : connaître l’existence d’un risque ne signifie pas nécessairement connaître son ampleur.

    Mais cette explication devra désormais être confrontée à la chronologie précise des alertes, à leurs destinataires et aux décisions prises après leur réception.

    Le rapport du CENIF, les analyses du renseignement militaire et les informations recueillies par le CNI constituent donc désormais des pièces essentielles pour déterminer si l’État espagnol a sous-estimé un danger pourtant identifié ou si l’ampleur de la crise a réellement dépassé toutes les prévisions.

    Madrid face à une question politique majeure

    La publication de ces documents intervient au moment où le gouvernement Sánchez tente de reprendre le contrôle d’une crise devenue nationale.

    Le gouvernement espagnol a déjà été confronté aux critiques de l’opposition, aux interrogations sur la préparation des forces de sécurité et aux conséquences humanitaires de l’afflux massif.

    Reuters rapporte que Madrid ne dispose actuellement d’aucune preuve permettant d’accuser directement les autorités marocaines d’avoir organisé la crise.

    La question qui reste ouverte est donc différente : que savaient exactement les différents services espagnols avant le 30 juillet, quand l’ont-ils su, à qui l’information a-t-elle été transmise et quelles mesures ont été prises ?

    C’est probablement de la réponse à ces questions que dépendra la prochaine phase de la crise politique espagnole.

    Car si les documents établissent l’existence d’alertes précises plusieurs jours avant l’effondrement du dispositif frontalier, le débat ne portera plus uniquement sur la responsabilité des réseaux de passeurs ou sur le comportement des autorités marocaines.

    Il portera directement sur la capacité de l’État espagnol à transformer une information de renseignement en décision opérationnelle.

    Et, au-delà de Ceuta, sur la fragilité d’une frontière européenne dont la sécurité dépend en partie de la coopération d’un pays tiers.

  • Espagne-Maroc : Madrid bascule pour la première fois dans le déficit commercial

    Espagne-Maroc : Madrid bascule pour la première fois dans le déficit commercial

    Le commerce entre l’Espagne et le Maroc connaît un tournant inédit. Selon les données de l’ONU citées par The Objective, Madrid aurait enregistré en 2025, pour la première fois, un déficit commercial vis-à-vis de son voisin du sud. Une évolution qui témoigne surtout de la montée en puissance des exportations marocaines et de la transformation progressive de l’économie du royaume.

    Pendant des décennies, l’Espagne a bénéficié d’une position excédentaire dans ses échanges commerciaux avec le Maroc. Cette situation aurait changé en 2025. D’après les données de la base UN Comtrade, le Maroc aurait exporté vers l’Espagne davantage de marchandises qu’il n’en a importées, faisant passer la balance commerciale espagnole dans le rouge.

    Selon les chiffres cités par The Objective, les échanges de 2024 faisaient encore apparaître une balance favorable à l’Espagne : les exportations marocaines vers le marché espagnol étaient évaluées à environ 16 milliards d’euros, contre quelque 18 milliards d’euros d’importations marocaines en provenance d’Espagne.

    Un an plus tard, le rapport de force se serait inversé. Le Maroc aurait exporté pour environ 19,6 milliards d’euros vers l’Espagne, tandis que ses importations depuis le marché espagnol auraient atteint environ 16,5 milliards d’euros. Le solde représenterait ainsi un avantage de plus de 3 milliards d’euros en faveur du Maroc.

    La montée en puissance des exportations marocaines

    Pour María Ángeles Ruiz Ezpeleta, professeure à EAE Business School citée par The Objective, cette évolution s’explique avant tout par la transformation économique du Maroc plutôt que par une détérioration des relations bilatérales.

    Le royaume a considérablement développé ses capacités exportatrices au cours des dernières années, notamment dans l’agriculture, l’agroalimentaire, l’industrie automobile, les composants électriques et d’autres secteurs manufacturiers.

    Cette progression permet désormais au Maroc de vendre davantage de produits à ses partenaires européens, alors qu’il était auparavant davantage dépendant des importations.

    L’agriculture constitue l’un des exemples les plus visibles de cette transformation. Le Maroc a renforcé ses exportations de produits agricoles et agroalimentaires, tandis que certaines productions, autrefois essentiellement destinées au marché intérieur, ont progressivement trouvé des débouchés internationaux.

    L’huile d’olive, les produits agricoles et, dans d’autres secteurs, les produits issus de l’industrie marocaine participent ainsi à cette nouvelle dynamique.

    Des échanges toujours marqués par une forte interdépendance

    Le basculement de la balance commerciale ne signifie toutefois pas que l’Espagne et le Maroc sont devenus économiquement indépendants l’un de l’autre.

    L’Espagne demeure un partenaire commercial majeur du royaume. Selon l’analyse citée par The Objective, le marché espagnol représente une part particulièrement importante des échanges extérieurs marocains.

    La relation est cependant plus asymétrique lorsqu’on l’observe à l’échelle de l’économie espagnole. Madrid dispose d’un portefeuille de partenaires commerciaux beaucoup plus diversifié, notamment au sein de l’Union européenne et sur les marchés mondiaux.

    Pour l’Espagne, le Maroc constitue donc un partenaire important, mais il ne représente pas le même poids stratégique que l’Espagne pour l’économie marocaine.

    Le gaz, les câbles et la transformation du commerce bilatéral

    La composition des échanges illustre également l’évolution du rapport commercial.

    L’Espagne exporte notamment vers le Maroc des produits énergétiques, tandis que les exportations marocaines comprennent de plus en plus de produits industriels, notamment des câbles et des composants électriques.

    Cette évolution traduit la montée en gamme progressive de l’appareil productif marocain.

    Le Maroc s’est en effet imposé ces dernières années comme une plateforme industrielle et logistique tournée vers les marchés européens. Sa proximité géographique avec l’Europe, ses infrastructures portuaires et industrielles ainsi que l’intégration de nombreuses chaînes de production internationales ont favorisé cette transformation.

    Une évolution davantage économique que politique

    Le changement de la balance commerciale intervient alors que les relations politiques entre Madrid et Rabat ont connu plusieurs périodes de tension et de rapprochement.

    L’évolution des échanges ne semble toutefois pas pouvoir être expliquée uniquement par les relations diplomatiques. L’analyse citée par The Objective insiste plutôt sur le développement économique interne du Maroc et sur l’augmentation de sa capacité à exporter.

    Autrement dit, le déficit commercial espagnol ne signifierait pas nécessairement que les entreprises espagnoles perdent leur présence au Maroc. Il pourrait surtout traduire le fait que les entreprises marocaines sont désormais capables de vendre davantage de produits à leurs voisins européens.

    Un changement de tendance appelé à durer ?

    La question est désormais de savoir si le déficit espagnol constitue un accident statistique ou le début d’une nouvelle phase des relations commerciales entre les deux pays.

    L’analyse présentée par The Objective penche vers la seconde hypothèse. Entre 2023 et 2025, les exportations marocaines auraient connu une progression particulièrement rapide, tandis que les exportations espagnoles disposent d’un potentiel de croissance plus limité dans certains secteurs.

    Cette situation reflète également une différence de niveau de développement. L’Espagne possède déjà une économie fortement industrialisée et intégrée aux marchés internationaux. Le Maroc, dont le PIB par habitant reste nettement inférieur à celui de l’Espagne, dispose en revanche d’un important potentiel de croissance de ses capacités productives et exportatrices.

    Le « sorpasso » commercial de 2025 pourrait ainsi constituer davantage qu’un simple retournement ponctuel des statistiques : il pourrait être le signe d’une transformation structurelle de la relation économique entre les deux rives du détroit de Gibraltar.

    Le Maroc reste dépendant de l’Espagne sur plusieurs plans, mais l’Espagne doit désormais composer avec un voisin dont la capacité à exporter vers le marché européen progresse rapidement. Le changement de 2025 marque donc un tournant symbolique : pour la première fois, Madrid ne vend plus davantage au Maroc qu’il ne lui achète.

  • Assaut de Ceuta : des téléphones de 29 pays identifiés, aucun numéro lié à la Russie ou à Israël

    Assaut de Ceuta : des téléphones de 29 pays identifiés, aucun numéro lié à la Russie ou à Israël

    L’enquête menée par la Police nationale espagnole sur l’assaut massif contre Ceuta des 30 et 31 juillet apporte de nouveaux éléments sur les moyens de communication utilisés pour coordonner ou encourager les mouvements de migrants vers l’enclave espagnole.

    Selon un rapport transmis cette semaine à la juge de l’Audience nationale María Tardón, les enquêteurs ont identifié des numéros de téléphone appartenant à 29 pays différents parmi les lignes utilisées dans le cadre de la préparation ou de la coordination de l’opération.

    Plus de 90 % des lignes étaient marocaines

    D’après les informations rapportées par The Objective, qui dit avoir eu accès au document établi par les agents du Centre national d’immigration et des frontières (CENIF), 90,8 % des numéros analysés étaient enregistrés au Maroc.

    Les 9,2 % restants correspondaient à des lignes provenant d’une grande diversité de territoires, répartis sur plusieurs continents, à l’exception de l’Océanie.

    Mais un élément du rapport attire particulièrement l’attention : aucune des lignes identifiées ne serait liée à la Russie ou à Israël.

    Cette constatation est susceptible de relancer le débat sur les premières hypothèses avancées publiquement au sujet d’éventuelles influences étrangères dans les événements de Ceuta.

    Une enquête centrée sur les communications

    Le rapport de la Police nationale vise notamment à déterminer comment les mouvements de personnes ont été organisés et relayés avant et pendant l’assaut. Les enquêteurs ont examiné les communications téléphoniques afin d’identifier les réseaux susceptibles d’avoir servi à coordonner les déplacements vers la frontière.

    La forte prédominance de numéros marocains constitue, selon les données citées par The Objective, le principal élément ressortant de cette analyse.

    Pour autant, la nationalité d’une carte SIM ou d’un numéro de téléphone ne permet pas, à elle seule, d’établir la nationalité de son utilisateur ni de démontrer l’implication d’un État. Les données téléphoniques doivent donc être confrontées aux autres éléments de l’enquête.

    La piste d’une implication étrangère mise à l’épreuve

    L’absence de lignes attribuables à la Russie ou à Israël est particulièrement notable dans le contexte politique entourant la crise de Ceuta. Les événements avaient suscité de nombreuses accusations et hypothèses concernant l’existence de manipulations ou d’ingérences extérieures.

    Le rapport policier apporte, à ce stade, un élément factuel plus précis : dans l’échantillon de communications examiné par les enquêteurs, aucune ligne rattachée à ces deux pays n’a été identifiée.

    Cela ne permet toutefois pas de conclure définitivement à l’absence de toute intervention étrangère. Le rapport porte sur les numéros détectés et non sur l’ensemble des moyens éventuellement utilisés pour organiser ou influencer les événements.

    Ceuta au cœur d’une enquête sensible

    L’assaut des 30 et 31 juillet a placé une nouvelle fois Ceuta au centre des tensions migratoires et diplomatiques entre l’Espagne et le Maroc. L’ampleur des mouvements de population et les circonstances de leur organisation font désormais l’objet d’une enquête judiciaire.

    Les conclusions de la Police nationale pourraient ainsi contribuer à distinguer les faits établis des différentes hypothèses apparues dans le débat public.

    Un constat ressort néanmoins clairement du rapport cité : parmi les 29 pays représentés dans les communications étudiées, le Maroc arrive très largement en tête, tandis qu’aucun numéro lié à la Russie ou à Israël n’a été identifié.

  • Fraude à l’allocation touristique : jusqu’à six ans de prison requis contre 22 prévenus

    Fraude à l’allocation touristique : jusqu’à six ans de prison requis contre 22 prévenus

    Le parquet a requis des peines allant de deux à six ans de prison ferme contre 22 prévenus poursuivis dans une affaire présumée de fraude à l’allocation touristique de 750 euros. Le dossier était examiné par le pôle pénal spécialisé dans les affaires de corruption financière et économique de Sidi M’hamed.

    Une affaire de fraude présumée à l’allocation touristique accordée par la Banque d’Algérie était au cœur d’une audience devant le pôle pénal spécialisé de Sidi M’hamed. Au total, 22 prévenus sont poursuivis pour leur implication présumée dans un système destiné à obtenir indûment l’allocation en devises réservée aux voyageurs algériens.

    Lors de l’audience, le procureur de la République a présenté ses réquisitions à l’encontre des différents accusés. Le parquet a notamment demandé six ans de prison ferme et 500 000 dinars d’amende contre K.A., considéré comme l’un des principaux accusés dans le dossier.

    Pour 18 autres prévenus, le ministère public a requis cinq ans de prison ferme assortis d’une amende de 500 000 dinars. Trois autres accusés font, quant à eux, l’objet de réquisitions de deux ans de prison ferme et 500 000 dinars d’amende.

    Ces peines ne constituent toutefois que les demandes du parquet. La décision définitive appartient au tribunal, qui doit encore se prononcer sur la culpabilité des prévenus et sur les éventuelles sanctions.

    Un système organisé autour des passages par la Tunisie

    Selon les éléments exposés à l’audience, le mécanisme présumé reposait notamment sur des passages répétés entre l’Algérie et la Tunisie.

    Les bénéficiaires de l’allocation auraient été accompagnés afin d’entrer légalement sur le territoire tunisien et de faire apposer les cachets nécessaires sur leurs passeports. Ils seraient ensuite revenus rapidement en Algérie, parfois par des passages frontaliers non surveillés, avant d’être réintroduits en Tunisie afin de donner l’apparence d’un séjour conforme aux conditions réglementaires.

    L’objectif présumé aurait été de contourner l’obligation de séjour minimum nécessaire pour bénéficier de l’allocation touristique, tout en faisant apparaître les documents de voyage comme réguliers.

    Le parquet estime que ce procédé aurait permis à plusieurs personnes de bénéficier de devises sans respecter les conditions prévues par la réglementation.

    Des intermédiaires rémunérés pour falsifier l’apparence des voyages

    Au cours de l’audience, plusieurs témoignages auraient également permis de mettre en lumière le rôle présumé d’intermédiaires dans ce dispositif.

    Certains prévenus auraient reconnu avoir quitté la Tunisie avant l’expiration de la période minimale de séjour. D’autres auraient déclaré avoir versé de l’argent à des intermédiaires en échange de signatures, de cachets ou de validations destinées à régulariser en apparence leurs documents.

    Selon les déclarations rapportées par le parquet, certains participants auraient reçu environ 20 000 dinars par passeport pour faire viser et authentifier les documents des bénéficiaires.

    Le procureur a par ailleurs indiqué qu’une partie des personnes impliquées auraient été interpellées en flagrant délit dans un poste-frontière.

    Le parquet met en garde contre les conséquences économiques

    Au-delà des responsabilités individuelles des 22 prévenus, le ministère public a insisté sur les conséquences économiques que pourrait entraîner la généralisation de ce type de fraude.

    L’allocation touristique représente une sortie de devises réglementée par les autorités algériennes. Pour le parquet, son détournement à travers des voyages fictifs ou des séjours ne respectant pas les conditions imposées constitue donc non seulement une infraction aux règles administratives, mais également une atteinte aux intérêts économiques du pays.

    L’accusation considère que ce type de pratiques pourrait favoriser une sortie injustifiée de devises et contribuer à alimenter des circuits parallèles de change.

    Plusieurs chefs d’accusation

    Les prévenus sont notamment poursuivis pour des faits présumés de constitution d’une association de malfaiteurs en vue d’obtenir des avantages indus, d’entrée et de sortie illégales du territoire national, ainsi que de violation des règles relatives aux mouvements de capitaux vers et depuis l’étranger.

    L’affaire intervient alors que les autorités algériennes cherchent à renforcer le contrôle des opérations liées à l’allocation touristique et à limiter les détournements de devises.

    Le jugement du tribunal devra désormais déterminer le degré d’implication de chacun des 22 prévenus et établir si les éléments présentés par l’accusation sont suffisamment probants pour justifier les lourdes peines requises.

  • La Coopération entre le Niger et l’Algérie franchit une autre dimension.

    La Coopération entre le Niger et l’Algérie franchit une autre dimension.

    En effet, après la réception, le dimanche 09 aout 2026 de quatre(04) hélicoptères dont deux (02) MI 171 et deux (02) MI 24, ce dimanche 30 Août 2026, Quatre (04) avions de Chasse de type Soukhoï SU 30 de Combat, accompagnés d’un Iliouchine IL-76 de transport militaire et d’un Iliouchine IL-78 ravitailleur, ont atterri à l’aéroport Internationale Diori Hamani de Niamey.

    Cette mission s’inscrit dans le cadre du témoignage du soutien stratégique des Forces Armées Algériennes à l’endroit des Forces Armées Nigériennes.

    Cette cérémonie s’est déroulée, en présence de Son Excellence Monsieur Ali Mahamane Lamine Zeine, Premier Ministre, du Général d’Armée Salifou Mody, Ministre d’État, Ministre de la Défense Nationale, du Général de Division Moussa Salaou Barmou, Chef d’État-Major des Armées, du Général de Brigade Ibroh Amadou Bacharou, Chef d’État-Major Particulier du Président de la République, Chef de l’État, du Colonel-major Abdourahamane Amadou, Ministre des Transports et de L’Aviation Civile, de Dr.Soumana Boubacar, Ministre, Directeur de Cabinet du Président de la République, Chef de l’État, Porte-Parole du Gouvernement et de plusieurs responsables militaires.

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