Coupe du monde 2030 : Le Maroc et l’Espagne se disputent l’organisation de la finale

Le Maroc a en effet lancé la construction d'un stade flambant neuf de 115 000 places près de Casablanca, le Stade Hassan II, financé à hauteur d'environ un milliard d'euros par l'État, avec des infrastructures routières et ferroviaires entièrement nouvelles reliant l'enceinte à Casablanca et à Rabat.

À peine la finale du Mondial 2026 achevée à MetLife Stadium — où l’Espagne a battu l’Argentine 1-0 en prolongation grâce à un but de Ferran Torres — les regards se tournent déjà vers 2030. Le tournoi centenaire, coorganisé par l’Espagne, le Portugal et le Maroc, avec trois matchs symboliques disputés en Uruguay, en Argentine et au Paraguay, doit encore trancher une question sensible : quel stade accueillera la finale ?

Le Santiago-Bernabéu, récemment rénové pour environ 1,5 milliard d’euros, reste le choix privilégié de la Fédération royale espagnole de football. L’enceinte madrilène est la seule au monde à avoir accueilli les finales de la Coupe du monde, de l’Euro, de la Ligue des champions et de la Copa Libertadores.

Mais selon plusieurs sources proches du dossier, la position espagnole s’est nettement affaiblie ces derniers mois face à l’offensive marocaine. Le Maroc a en effet lancé la construction d’un stade flambant neuf de 115 000 places près de Casablanca, le Stade Hassan II, financé à hauteur d’environ un milliard d’euros par l’État, avec des infrastructures routières et ferroviaires entièrement nouvelles reliant l’enceinte à Casablanca et à Rabat.

Cette stratégie s’inscrit dans une volonté politique portée par le roi Mohammed VI de faire du royaume une puissance du football mondial, une ambition incarnée par Fouzi Lekjaa, président de la Fédération royale marocaine depuis 2014 et figure influente au sein des instances internationales, notamment proche du président de la FIFA Gianni Infantino.

Selon des sources marocaines, il serait plus « équitable » que la finale se joue à Casablanca, au nom du principe de rotation entre confédérations, l’Afrique n’ayant accueilli qu’une seule fois la finale de la compétition, en 2010.

Du côté espagnol, la fédération traverse une période de turbulences internes depuis le départ de Luis Rubiales, tandis que son successeur Rafael Louzan peine, selon plusieurs observateurs du secteur, à nouer des relations internationales aussi solides que son homologue marocain. Le président de la Liga, Javier Tebas, a par ailleurs récemment critiqué publiquement la gouvernance de la FIFA, une sortie jugée maladroite par certains, alors même que Madrid tente de consolider son dossier.

Selon la même source, la carte maîtresse de Madrid resterait l’alliance de longue date entre Florentino Pérez, président du Real Madrid, et Gianni Infantino, les deux hommes partageant notamment une opposition commune à l’UEFA de Aleksander Ceferin.

Le contexte géopolitique ajoute une dimension supplémentaire : les tensions entre Donald Trump et le gouvernement de Pedro Sánchez, sur des sujets allant du financement de l’OTAN à la position espagnole sur Gaza, ont nourri des spéculations sur une possible influence américaine en faveur du Maroc, allié militaire renforcé des États-Unis ces dernières années.

Aucune décision officielle n’est attendue avant le prochain Congrès de la FIFA, prévu en mars à Rabat — un symbole supplémentaire du poids diplomatique acquis par le Maroc dans ce dossier.

Avec The New York Times

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