MADRID — Les autorités espagnoles ont décidé de renforcer le dispositif de sécurité à la frontière de Ceuta, alors que des messages circulant sur les réseaux sociaux évoquent une nouvelle tentative d’entrée massive dans l’enclave espagnole le 23 septembre.
Selon le quotidien catalan ARA, le gouvernement espagnol a ordonné le déploiement de renforts supplémentaires de la police nationale et de la Guardia Civil afin d’anticiper une éventuelle répétition des événements des 30 et 31 juillet. L’ampleur réelle des appels diffusés sur les réseaux sociaux reste toutefois incertaine.
Madrid mise sur la coopération avec Rabat
Depuis New York, où il participe aux travaux de l’Assemblée générale des Nations unies, le ministre espagnol des Affaires étrangères, José Manuel Albares, a indiqué être en contact avec son homologue marocain, Nasser Bourita.
Selon ARA, Albares affirme que le ministre marocain lui a assuré que Rabat prendrait « les mesures nécessaires » pour empêcher une nouvelle tentative d’entrée à Ceuta. Les deux responsables doivent également se rencontrer à New York afin d’aborder notamment la question du retour des migrants qui se trouvent encore dans l’enclave.
Le gouvernement espagnol affirme ainsi disposer de garanties marocaines concernant la prévention d’une nouvelle arrivée massive, tout en mettant en avant la coopération entre les deux pays sur la gestion de la frontière.
Un important renforcement du dispositif de sécurité
Pour faire face au risque identifié, le ministère espagnol de l’Intérieur a décidé d’ajouter 75 policiers aux unités antiémeutes déjà présentes à Ceuta. La Guardia Civil doit également renforcer ses effectifs.
D’après ARA, le dispositif atteindra au total 120 agents durant la nuit et 90 pendant la journée. Les autorités prévoient également de doubler l’utilisation des drones et de faire intervenir un hélicoptère pour assurer une surveillance aérienne.
Ces mesures sont présentées par Madrid comme un dispositif préventif destiné à éviter une répétition des événements de juillet.
Neuf millions d’euros pour renforcer El Tarajal
Au-delà du renforcement ponctuel des effectifs, le gouvernement espagnol prévoit également de consacrer 9 millions d’euros au renforcement physique de la frontière d’El Tarajal.
Selon le journal catalan, 7 millions d’euros seront consacrés à l’installation d’un système permanent de balisage destiné à remplacer l’actuelle barrière flottante. Deux millions supplémentaires doivent financer un système flottant équipé d’un filet de confinement à haute résistance destiné à empêcher les passages sous-marins.
La question des mineurs reste au cœur des tensions politiques
La situation à Ceuta ne se limite toutefois pas à la sécurisation de la frontière. La prise en charge des mineurs non accompagnés constitue également un sujet de confrontation politique en Espagne.
Selon les chiffres cités par ARA, 2 321 enfants ont été enregistrés par les autorités espagnoles. Entre 700 et 1 000 mineurs se trouveraient encore dans la rue, tandis qu’environ 500 autres auraient été détectés dans des campements occupés par des adultes.
Le gouvernement de Pedro Sánchez souhaite accélérer leur transfert vers la péninsule, mais cette question oppose l’exécutif central au gouvernement régional de Ceuta et au Parti populaire (PP).
Parallèlement, les autorités judiciaires ont ouvert 37 procédures pour agressions sexuelles entre le 30 juillet et le 14 septembre, selon les données rapportées par ARA. Le journal fait état de 39 victimes reconnues, dont 38 femmes et 14 mineures. Ces procédures judiciaires sont toujours en cours et leurs éléments doivent être distingués des faits définitivement établis par une décision de justice.
Une nouvelle épreuve pour la coopération hispano-marocaine
La situation autour de Ceuta intervient quelques semaines après l’importante arrivée de migrants enregistrée fin juillet. Madrid cherche désormais à prévenir une nouvelle tentative tout en maintenant la coordination avec Rabat.
La rencontre annoncée entre José Manuel Albares et Nasser Bourita à New York devrait donc permettre d’aborder à la fois la prévention des nouveaux passages, le retour des personnes concernées et, plus largement, la coopération migratoire entre l’Espagne et le Maroc.
Source : ARA, article de Núria Rius publié le 22 septembre 2026. Lire l’article original sur ARA
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