Assaut de Ceuta : des téléphones de 29 pays identifiés, aucun numéro lié à la Russie ou à Israël

L’enquête menée par la Police nationale espagnole sur l’assaut massif contre Ceuta des 30 et 31 juillet apporte de nouveaux éléments sur les moyens de communication utilisés pour coordonner ou encourager les mouvements de migrants vers l’enclave espagnole.

Selon un rapport transmis cette semaine à la juge de l’Audience nationale María Tardón, les enquêteurs ont identifié des numéros de téléphone appartenant à 29 pays différents parmi les lignes utilisées dans le cadre de la préparation ou de la coordination de l’opération.

Plus de 90 % des lignes étaient marocaines

D’après les informations rapportées par The Objective, qui dit avoir eu accès au document établi par les agents du Centre national d’immigration et des frontières (CENIF), 90,8 % des numéros analysés étaient enregistrés au Maroc.

Les 9,2 % restants correspondaient à des lignes provenant d’une grande diversité de territoires, répartis sur plusieurs continents, à l’exception de l’Océanie.

Mais un élément du rapport attire particulièrement l’attention : aucune des lignes identifiées ne serait liée à la Russie ou à Israël.

Cette constatation est susceptible de relancer le débat sur les premières hypothèses avancées publiquement au sujet d’éventuelles influences étrangères dans les événements de Ceuta.

Une enquête centrée sur les communications

Le rapport de la Police nationale vise notamment à déterminer comment les mouvements de personnes ont été organisés et relayés avant et pendant l’assaut. Les enquêteurs ont examiné les communications téléphoniques afin d’identifier les réseaux susceptibles d’avoir servi à coordonner les déplacements vers la frontière.

La forte prédominance de numéros marocains constitue, selon les données citées par The Objective, le principal élément ressortant de cette analyse.

Pour autant, la nationalité d’une carte SIM ou d’un numéro de téléphone ne permet pas, à elle seule, d’établir la nationalité de son utilisateur ni de démontrer l’implication d’un État. Les données téléphoniques doivent donc être confrontées aux autres éléments de l’enquête.

La piste d’une implication étrangère mise à l’épreuve

L’absence de lignes attribuables à la Russie ou à Israël est particulièrement notable dans le contexte politique entourant la crise de Ceuta. Les événements avaient suscité de nombreuses accusations et hypothèses concernant l’existence de manipulations ou d’ingérences extérieures.

Le rapport policier apporte, à ce stade, un élément factuel plus précis : dans l’échantillon de communications examiné par les enquêteurs, aucune ligne rattachée à ces deux pays n’a été identifiée.

Cela ne permet toutefois pas de conclure définitivement à l’absence de toute intervention étrangère. Le rapport porte sur les numéros détectés et non sur l’ensemble des moyens éventuellement utilisés pour organiser ou influencer les événements.

Ceuta au cœur d’une enquête sensible

L’assaut des 30 et 31 juillet a placé une nouvelle fois Ceuta au centre des tensions migratoires et diplomatiques entre l’Espagne et le Maroc. L’ampleur des mouvements de population et les circonstances de leur organisation font désormais l’objet d’une enquête judiciaire.

Les conclusions de la Police nationale pourraient ainsi contribuer à distinguer les faits établis des différentes hypothèses apparues dans le débat public.

Un constat ressort néanmoins clairement du rapport cité : parmi les 29 pays représentés dans les communications étudiées, le Maroc arrive très largement en tête, tandis qu’aucun numéro lié à la Russie ou à Israël n’a été identifié.

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