Algérie-France : Ségolène Royal tire la sonnette d’alarme sur l’isolement croissant de la France au Maghreb

Dans une déclaration publiée dimanche sur le réseau social X (anciennement Twitter), Ségolène Royal, également présidente de l’association « Algérie-France », a déploré la détérioration des liens bilatéraux. Elle pointe du doigt le soutien renouvelé de la France au plan d’autonomie marocain pour le Sahara occidental, une position qui a provoqué une rupture nette avec Alger en juillet 2024 et qui continue de parasiter les échanges.

Alors que les échanges diplomatiques s’enveniment, la candidate socialiste dénonce une « politique catastrophique » qui profite à l’Italie, l’Allemagne et l’Espagne.

Alors que les relations entre la France et l’Algérie semblent être au point mort, une voix politique majeure s’élève à Paris pour mettre en garde contre les conséquences désastreuses de la stratégie diplomatique d’Emmanuel Macron. La ministre d’État et candidate à la présidentielle de 2027, Ségolène Royal, a vivement critiqué ce qu’elle perçoit comme un alignement « incompréhensible » sur le Maroc, au détriment des intérêts économiques et géopolitiques de la France dans la région.

Dans une déclaration publiée dimanche sur le réseau social X (anciennement Twitter), Ségolène Royal, également présidente de l’association « Algérie-France », a déploré la détérioration des liens bilatéraux. Elle pointe du doigt le soutien renouvelé de la France au plan d’autonomie marocain pour le Sahara occidental, une position qui a provoqué une rupture nette avec Alger en juillet 2024 et qui continue de parasiter les échanges.

Un « isolement » français au profit des concurrents européens

La candidate socialiste dresse un constat amer : pendant que Paris s’enlise dans une impasse diplomatique avec Alger, les partenaires européens de la France raflent les marchés juteux. Elle cite en exemple les récents succès de l’Italie, qui a décroché des contrats majeurs dans l’énergie et les travaux publics grâce à ses relations « excellentes » avec l’Algérie.

Elle rappelle également la visite du président algérien Abdelmadjid Tebboune en Allemagne la semaine dernière, qui a abouti à la signature d’une trentaine d’accords stratégiques, notamment dans le domaine de l’hydrogène vert et de l’industrie automobile. Selon elle, c’est un signal fort alors que l’usine française Renault est toujours à l’arrêt en Algérie, tandis que le constructeur allemand Opel s’apprête à y implanter la production de ses moteurs.

« La France s’isole, et ses concurrents en profitent », a-t-elle martelé, en évoquant également la visite imminente du chef du gouvernement espagnol, Pedro Sanchez, à Alger. Ce déplacement, prévu ce lundi, vise à renforcer la coopération énergétique en augmentant les importations de gaz algérien via le gazoduc Medgaz et les méthaniers. Une manœuvre qui, selon Royal, parachève l’éviction de la France des grands jeux d’influence en Afrique du Nord et dans la région du Sahel.

Des « escarmouches politiques » aux lourdes conséquences

La dirigeante socialiste a exprimé sa « stupéfaction » face à la gestion du dossier algérien, qualifiant la situation de « quasi-arrêt total des partenariats » dans les secteurs clés comme l’industrie, l’agriculture, la construction et les ports. Elle déplore la reprise des « escarmouches politiques » des derniers jours, en référence aux récentes déclarations du Premier ministre français Sébastien Lecornu à Rabat, qui ont ravivé les tensions.

Pour elle, l’heure n’est plus à l’affrontement mais à un « réveil stratégique ». Elle plaide pour une diplomatie « apaisée et respectueuse » qui ne sacrifie pas les intérêts économiques sur l’autel des postures politiques.

« Il est impératif de renouer les fils de la compréhension entre les deux rives de la Méditerranée, en nous affranchissant de toute forme de dépendance ou d’alignement sur les choix des États souverains », a-t-elle écrit, dans une mise en garde claire à l’Élysée.

Vers un basculement définitif des alliances ?

L’analyse de Ségolène Royal intervient alors que le conflit du Sahara occidental redessine les cartes régionales. Alors que l’Espagne, après des années de tensions, a officiellement tourné la page en se rangeant derrière le droit international et les résolutions de l’ONU, la France apparaît de plus en plus isolée, soutenant une position marocaine que peu de ses alliés européens partagent ouvertement.

Le pari de Paris sur le Maroc, combiné à une méfiance persistante envers le régime militaire au Sahel (Mali, Burkina Faso, Niger), a ouvert une brèche dans laquelle se sont engouffrées la Russie et d’autres puissances, mais aussi les concurrents européens de la France.

Alors que l’élection présidentielle française approche, cette sortie de Ségolène Royal sonne comme un avertissement sévère : la relation franco-algérienne, pilier historique de la diplomatie française, est en train de se briser sur l’écueil du Sahara, et le coût pourrait s’avérer bien plus élevé que prévu.

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