Le ministre algérien de l’Intérieur, Saïd Saïd, se rend à Paris pour une visite de deux jours afin d’aborder plusieurs dossiers en suspens entre l’Algérie et la France.
Cette visite intervient alors que les deux pays cherchent à apaiser les tensions diplomatiques récentes. Parmi les sujets à l’ordre du jour figurent la coopération en matière de lutte contre le terrorisme, le réseau criminel « Mafia DZ », l’expulsion des migrants sans papiers et l’extradition des dissidents algériens détenus en France.
Il s’agit de la première visite d’un haut responsable algérien en France depuis le début de la crise diplomatique entre les deux pays en juillet dernier. Le ministre français de l’Intérieur s’était rendu en Algérie en février dernier pour discuter de ces questions, et un accord avait été conclu pour poursuivre le dialogue lors de la visite de M. Saïd en France.
M. Saïd sera accompagné d’une délégation comprenant des experts techniques du ministère et des représentants de la police et des services de renseignement. Cette visite vise à approfondir la coopération entre les deux pays dans le domaine de la sécurité. Des sources bien informées ont confirmé que cette visite témoigne d’une volonté commune entre Paris et Alger de relancer un dialogue pragmatique et de surmonter les tensions nées de la reconnaissance par la France de la souveraineté marocaine sur le Sahara Occidental.
Elles ont souligné que cette initiative contredit l’atmosphère décrite par certains journaux algériens proches du pouvoir. Le quotidien algérien « El Watan » a suscité une vive polémique après la publication d’un article critiquant les récentes prises de position françaises sur la question du Sahara occidental.
L’article s’en prenait notamment au ministre français des Affaires étrangères pour des déclarations faites lors d’une visite officielle au Maroc. L’ambassadeur de France en Algérie a exprimé son mécontentement face à cet article, le qualifiant d’escalade médiatique injustifiée.
Cette publication coïncidait avec les préparatifs de la visite du ministre algérien de l’Intérieur à Paris. Un ancien responsable algérien a déclaré que cette tactique visait à servir un agenda politique soigneusement élaboré, utilisant les médias comme un outil de pression pour contraindre la France à revoir sa position dans les négociations en cours.
Le responsable a indiqué que les sujets abordés lors de la visite du ministre français de la Justice en Algérie rejoignent les aspirations de l’Algérie à recouvrer les fonds détournés par des personnalités de l’ancien régime résidant en France, ainsi qu’à dissuader Paris de soutenir des figures de l’opposition algérienne basées sur le territoire français. Il a expliqué que le cas des employés algériens du ministère des Affaires étrangères, dont les noms sont apparus dans l’affaire de l’enlèvement d’Amir DZ, est le plus sensible.
En retour, Paris attend du ministre Saïoud des mesures concrètes concernant l’extradition des membres du réseau « DZ Mafia », actifs dans le blanchiment d’argent et le trafic de drogue dans le sud de la France, ainsi que le rapatriement de dizaines de migrants algériens sans papiers ayant reçu un ordre de quitter le territoire français.
Les relations entre les deux pays font l’objet d’une couverture médiatique constante et d’une forte polarisation partisane en France, notamment de la part de l’opposition de droite et d’extrême droite.
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