Quelques années après la normalisation des relations entre le Maroc et Israël dans le cadre des accords impulsés par l’administration de Donald Trump, le débat sur les retombées de cette décision continue d’alimenter les analyses géopolitiques. Dans un article publié le 2 août 2026, Aziz Chahir estime que ce choix diplomatique, présenté à l’époque comme une avancée majeure pour Rabat, s’est progressivement heurté à une série de contraintes régionales et internationales.
Selon cette analyse, la reconnaissance par Donald Trump de la souveraineté marocaine sur le Sahara occidental avait constitué le principal gain politique obtenu par Rabat en échange du rétablissement officiel des relations avec Israël. Toutefois, l’arrivée de Joe Biden à la Maison-Blanche aurait conduit Washington à adopter une approche plus prudente sur le dossier, en privilégiant le processus des Nations unies plutôt qu’une confirmation explicite de la décision prise par son prédécesseur. L’auteur souligne notamment que, lors d’une réunion du Conseil de sécurité de l’ONU, les États-Unis ont insisté sur la nécessité d’éviter toute escalade, de soutenir la MINURSO et de relancer les négociations politiques.
D’après l’auteur, cette évolution aurait marqué un premier revers pour la diplomatie marocaine, qui espérait transformer la reconnaissance américaine en acquis durable sur la scène internationale. L’analyse considère que le contexte politique américain a réduit la portée stratégique de cette reconnaissance, alors que Rabat misait sur un soutien plus affirmé de Washington.
L’article revient également sur les conséquences régionales de la normalisation avec Israël. Selon Aziz Chahir, cette décision a placé le royaume dans une position délicate vis-à-vis de son rôle historique de soutien à la cause palestinienne. Il estime que la promotion du plan américain pour le Moyen-Orient, contesté par les Palestiniens, a fragilisé la crédibilité diplomatique du Maroc, notamment en raison des interrogations soulevées autour de la solution à deux États et du statut de Jérusalem.
L’analyse évoque aussi les pressions exercées par Israël pour approfondir la normalisation. D’après la même source, Tel-Aviv aurait cherché à obtenir un rétablissement complet des relations diplomatiques, tandis que Rabat aurait tenté de limiter ses engagements officiels afin de ne pas accentuer les critiques d’une partie de l’opinion publique marocaine, attachée à la cause palestinienne.
Sur le dossier du Sahara occidental, l’auteur estime que la reconnaissance américaine a eu des effets contrastés. Si elle a renforcé la position diplomatique du Maroc, elle aurait également intensifié la rivalité avec l’Algérie, qui a multiplié, selon cette analyse, les initiatives diplomatiques en faveur du Front Polisario et cherché à limiter l’influence régionale de Rabat. L’article évoque notamment les tensions avec Madrid autour de l’hospitalisation de Brahim Ghali ainsi que les difficultés rencontrées par le Maroc dans ses relations avec certains partenaires européens.
L’auteur considère également que les puissances européennes ont adopté une posture plus prudente que celle de l’administration Trump. Il cite la France, qui, selon lui, cherche à préserver un équilibre entre les différentes parties afin d’éviter une aggravation des tensions entre le Maroc et l’Algérie, tout en soutenant la reprise du processus politique sous l’égide des Nations unies.
Enfin, Aziz Chahir estime que la stratégie israélienne demeure guidée par une volonté d’élargir et de consolider les accords de normalisation dans le monde arabe, notamment à travers des propositions de coopération économique, sécuritaire et technologique. Selon son analyse, le Maroc aurait néanmoins choisi de poursuivre une approche graduelle, cherchant à concilier ses nouveaux partenariats avec les sensibilités de son opinion publique et les équilibres régionaux.
Cette analyse reflète le point de vue de son auteur et met en avant les défis auxquels la diplomatie marocaine serait confrontée depuis la normalisation de ses relations avec Israël, dans un contexte marqué par l’évolution des priorités américaines, les rivalités régionales et les équilibres géopolitiques au Moyen-Orient et en Afrique du Nord.
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